1980

Je suis né dans une famille de trois garçons à Colmar dans le Haut-Rhin. Mon père, orphelin, est devenu boulanger. Ma mère nous a élevés tout en poursuivant ses études jusqu’à l’obtention de son diplôme d’infirmière d’État.

1982

Repas, vacances, loisirs : notre vie quotidienne tournait autour de la boulangerie familiale. Ouverte tous les jours et quasiment toute la journée, mon père n’hésitait jamais à se lever de table pour servir un client. Le soir, c’était café au lait. Une vie de travail, comme celle vécue par beaucoup d’Alsaciens.

1986

Mon premier souvenir, c’est d’entendre mon père commencer à travailler chaque nuit à 1h du matin. Notre appartement se trouvait juste au-dessus de la boulangerie. Le bon côté, c’était de sentir chaque matin l’odeur du pain chaud envahir la cage d’escalier.

1987

Trois garçons pas toujours sages ! Mais le temps a fait son œuvre. Mon grand frère, Pascal, a servi son pays dans l’armée pendant 15 ans. Récemment, il a réussi un concours lui permettant de devenir pilote de ligne pour Air France. Mon petit frère, Davy, est devenu infirmier puis comédien. Il a même enseigné au Cours Florent, une école créée par l’Alsacien François Eichholtzer.

1988

Alsace, terre battue, écrivait Tomi Ungerer.

Étienne Walther, mon grand-père, né à Reichshoffen le 11 novembre 1918. Un enfant de l’Armistice qui fut sans doute l’un des premiers Français à être né sur cette terre alsacienne. Tandis que son père était né dans une Alsace allemande, mon grand-père, lui, connaîtra l’école française avant d’être incorporé de force sur le front russe dans l’armée allemande pendant la seconde guerre mondiale.

L’Alsace, il l’avait à cœur. Il l’avait dans le sang. Il est vrai qu’à force d’apprendre – et devoir désapprendre – le français et l’allemand, il restait toujours l’alsacien. Au fond, l’Alsace était la seule terre qui a traversé le temps et les frontières.

1990

Le tennis a été ma passion durant toute mon enfance. 3ème alsacien en catégorie benjamin puis classé 4/6 à 18 ans, une blessure m’a ensuite contraint à abandonner ce rêve… Il n’en reste pas moins que la passion du sport ne m’a jamais quitté.

1997

Ma mère reçoit la médaille du travail. Pour elle, infirmière instrumentiste, c’était plus qu’un simple emploi, c’était une passion. Chaque jour, elle aidait les femmes à donner la vie. Elle était aussi conseillère municipale à Wintzenheim. C’est sûrement elle qui m’a donné le goût de l’engagement…

Malheureusement, alors qu’elle a 47 ans, la maladie frappe notre famille. Quand on est infirmière et que l’on vous diagnostique un cancer du pancréas, il est difficile de se mentir à soi-même.

Ma mère que nous aimions tant s’est battue avec courage pendant plus de 3 ans avant de nous quitter.

1998

Mon bac S en poche, ma passion pour le sport m’a donné l’envie de m’engager dans des études en STAPS à Strasbourg jusqu’à l’obtention d’une maîtrise.

J’ai également travaillé en tant que surveillant d’externat au collège de l’Esplanade, au lycée Jean Rostand et au collège Kléber à Strasbourg. Ces expériences m’ont permis de financer mes études mais aussi de mieux connaitre le monde de l’enseignement et ses contraintes. Soyons clairs, être quatre heures de suite devant des élèves pour enseigner nécessite, notamment devant les classes difficiles, une attention et une énergie de tous les instants.

Le monde éducatif est bien souvent composé de passionnés. Un professeur d’Histoire en 4ème, Bernard Chalté, aura changé ma vie. Il racontait l’Histoire comme des histoires et m’a finalement donné le goût de l’actualité et de la politique. Sans doute ne se souvient-il pas de moi. Pourtant, c’est le genre de personne que l’on rêve un jour de pouvoir remercier. Voilà qui est fait.

2002

La culture, au sens classique du terme, n’était pas vraiment une dimension présente dans mon univers familial. J’ai profité de mes années d’études pour m’ouvrir à l’art sous toutes ses formes. Je souhaitais mieux comprendre le monde et trouver de l’inspiration. Lire, oser prendre des risques, composer mes propres productions. Sentir ce que l’on a en soi et l’exprimer.

UN FILM

Fight club est un film qui nous rappelle l’essentiel : nous ne sommes pas nés pour consommer. Nous n’avons pas vocation à vivre une vie par procuration. Enfermés dans un monde fictif où l’on rêve de ressembler aux autres, nous oublions d’être fiers de nous même. A défaut d’être le sujet de notre propre vie, nous accumulons les objets inutiles. Tyler Durden, l’un des héros de Fight Club, l’annonçait : « les choses que l’on possède finissent par nous posséder ». 

UNE MUSIQUE

« La nuit je mens » d’Alain Bashung. La poésie de ses textes, que l’on croirait écrits pour être entendus plutôt que pour être compris. Cette mélodie dont on ne se lasse pas. Son histoire. « J’ai dans mes bottes des montagnes de questions où subsiste encore ton écho ». 

UN LIVRE

« Le Monde d’hier » de Stefan Zweig. Les circonstances de la publication de cette autobiographie suffisent à susciter l’impérieuse nécessité de la lire. Stefan Zweig est au Brésil en 1942. Il poste l’ouvrage à son éditeur et se donne ensuite la mort avec son épouse. Ce livre est un testament, et pas n’importe lequel. Le testament d’un homme qui aura tout vécu, la richesse et le succès à Vienne (il était alors l’un des écrivains les plus lus dans le monde), les voyages dans toute l’Europe et les rencontres avec Freud ou Herzl…puis la montée du nazisme, le rejet, l’exil, l’esseulement, le déracinement et la désespérance.

En somme, plusieurs vies en une et, à travers elle, toute l’histoire chaotique de l’Europe et de la folie des Hommes.

2004

Je souhaitais m’engager pour mes idées, mais comment ?

En 2004, je frappe à la porte de la permanence de l’UMP à Strasbourg. Ce mouvement correspond bien à mes valeurs, cette CDU à la française, qui rassemble des sensibilités de droite et du centre droit.

Je ne connaissais alors personne. Je n’avais aucun « réseau », ni amis dans le mouvement. J’ai rencontré le responsable des jeunes UMP et il m’a fait confiance. J’ai acquis le respect des autres militants sur le terrain, en m’impliquant, en travaillant et en allant la rencontre des Strasbourgeois. Je n’ai pas compté mes heures.

Certains cherchent une destination, d’autres se forgent un parcours. Je n’ai pas été catapulté sur une liste ou à un poste prestigieux grâce à mes contacts noués dans une grande école ou dans ma famille. Je ne viens pas d’en haut et je n’ai pas fait mes gammes à Paris. Je suis un Strasbourgeois parmi les Strasbourgeois et je suis fier de mes années passées sur le terrain, pour défendre mes idées, mon idéal.

2008

Je deviens collaborateur politique du groupe d’opposition municipale. Cela permet de travailler les dossiers strasbourgeois et de mieux connaître et comprendre le fonctionnement de la Communauté urbaine de Strasbourg.

Trois ans plus tard, je suis recruté en tant qu’assistant parlementaire local de la sénatrice Fabienne Keller. Ce furent des années riches en apprentissage. J’y ai acquis la nécessaire rigueur et la capacité à travailler dans un univers exigeant.

Même si nos parcours politiques se sont désormais séparés, je dois beaucoup à Fabienne Keller. C’est une personne consciencieuse qui aime l’action et, surtout, qui aime Strasbourg.

2014

Avec seulement 700 voix d’écart entre les deux listes, le résultat sera favorable au maire sortant. C’est bien Roland Ries qui reste maire de Strasbourg. La campagne municipale de 2014 aura pourtant été belle. Un espoir s’était levé et la déception est d’autant plus grande.

Plus de 40 000 Strasbourgeois se sont prononcés pour notre liste, nous avons désormais la responsabilité de les représenter.

2014

En 8ème position sur la liste municipale « Strasbourg à vos côtés », je suis élu conseiller municipal et communautaire d’opposition. Je suis les dossiers strasbourgeois et je m’engage avec détermination dans cette mission.

Le constat est pour autant clair : en plusieurs centaines de délibérations, jamais l’avis d’un conseiller municipal d’opposition n’a été pris en compte. Nous représentons pourtant quasiment autant de Strasbourgeois que la majorité municipale.

C’est un regret, mais c’est une réalité. Il faut la changer. Le maire ne peut plus être élu pendant 6 ans et faire comme s’il n’avait pas de comptes à rendre aux Strasbourgeois.

2014

Elle s’appelle Suzel, comme celle qui, dans le roman l’Ami Fritz d’Erckmann-Chatrian, fera tourner la tête de Fritz Kobus. Comme je le comprends ! Nous partageons notre vie depuis 5 ans avec bonheur. Orthophoniste, Suzel exercera son métier dès janvier 2020 à l’hôpital de Hautepierre.

2016

En parallèle de mon travail d’assistant parlementaire, je suis diplômé d’une maîtrise en Sciences politiques et sociales à l’université de Strasbourg.

2017

Je quitte mon poste d’assistant parlementaire afin de lancer une Start’Up dans les nouvelles technologies, notamment le domaine de la BlockChain. J’ai ainsi pu présenter notre projet lors de « Keynote », comme ici, à l’Ecole polytechnique. Malheureusement, des problèmes inattendus de financement de notre entreprise me contraignent à revoir mes plans.

2017

Je vis une expérience que des millions de Français vivent une fois dans leur vie : je m’inscris à Pôle emploi. Des amis se rapprochent, d’autres disparaissent…les plus proches parfois. C’est un moment où l’on se remet en question, où l’on prend aussi un nouveau départ.

Bien au chaud avec un emploi, on croit que tout est parfois possible. Au chômage, une autre réalité se dessine. Même quand on a confiance en soi et que l’on croit en ses capacités, le doute parfois trouve un chemin et parvient à s’installer.

J’ai fini par trouver rapidement un nouveau défi, mais je suis sûr d’une chose : quand on ne coche pas toutes les cases, pour trouver un emploi, il ne suffit pas de traverser la rue.

2018

Je commence une nouvelle vie professionnelle au Parlement européen, d’abord à Bruxelles, puis désormais à Strasbourg en qualité de collaborateur du député européen Geoffroy Didier.

Pour un Strasbourgeois, travailler au sein d’une telle institution a un sens tout particulier. La présence du Parlement européen à Strasbourg, c’est non seulement symbole de paix, mais c’est aussi un symbole de la primauté du droit sur la primauté de la force. Pendant si longtemps, le Rhin était un fleuve de sang. Aujourd’hui, c’est un fleuve de paix. Ici, en Alsace et à Strasbourg, nous savons combien l’Europe est précieuse.

2018

Il faut parfois partir pour mieux revenir. Pendant un peu plus d’un an, j’ai travaillé entre le Parlement de Bruxelles et celui de Strasbourg.

Jamais l’Alsace ne m’aura autant manqué. Mes racines sont profondément ancrées dans son sol.

Février 2019

Après 12 ans de la municipalité actuelle, j’ai la conviction que les Strasbourgeois aspirent à de nouveaux visages et à de nouvelles idées. Notre première rencontre de campagne a rassemblé plus de 200 Strasbourgeois. 1h30 de dialogue, de questions-réponses, de prises de position…

Nous sommes prêts.

Juillet 2019

Pendant 24 heures d’affilée, de 5h du matin à 5h du matin, j’ai souhaité mettre en lumière les Strasbourgeois qui œuvrent pour notre ville.

Le boulanger qui confectionne son pain, l’agent de la ville qui traite nos déchets, l’enseignant qui éduque nos enfants, le pompier qui assure notre sécurité. Les commerçants, les créateurs d’emplois, les responsables associatifs, les animateurs de nos nuits strasbourgeoises, ceux qui font rayonner notre ville, ceux qui défendent son patrimoine ou qui prennent soin de notre santé…

Cette « journée marathon » était une manière originale de mettre en lumière le quotidien de ceux qui aiment Strasbourg et qui contribuent, bien souvent à bas bruit, à rendre notre ville plus agréable à vivre.

Octobre 2019

Après plusieurs mois de précampagne, Les Républicains décident de me donner l’investiture. Nous amplifions encore nos actions de terrain, sur les marchés, à la rencontre des Strasbourgeois.

Les commerçants n’ont qu’une demande envers la municipalité : pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Notre ville doit faciliter la vie de ceux qui la font vivre.

Novembre 2019

Nous lançons les Carnets Bleus. Le principe est simple : vous écouter et construire avec vous notre projet. Pendant plusieurs mois, les Strasbourgeois vont pouvoir s’exprimer sur la ville dans laquelle ils souhaitent vivre. Une ville sûre, dans laquelle on respire et on peut s’épanouir.

La suite de mon parcours, je vais l’écrire avec vous.